Histoires

Le festival des Giboulées au Creusot, treize printemps de musique

Né en 2002 à Saint-Sernin-du-Bois, le festival des Giboulées a grandi jusqu’au Creusot, où ses printemps ont mêlé reggae, rap, rock et électro. Les éditions 2013 et 2014 en dessinent le souvenir, avant l’annonce qu’il n’y aurait pas d’édition en 2015.

Par la rédactionPublié le 7 min de lecture

Sous une pluie fine du soir, des festivaliers munis de parapluies avancent vers une salle éclairée par des lumières de scène colorées.
Une lumière de scène et des parapluies évoquent la soirée d’ouverture pluvieuse de 2014.

Le festival des Giboulées est né en 2002 d’une initiative étudiante, à Saint-Sernin-du-Bois. Créé par cinq étudiants de l’IUT du Creusot pour animer la région creusotine, il rencontre rapidement son public et déménage au Creusot deux ans plus tard.

Chaque printemps, le rendez-vous se déploie sur plusieurs jours et accueille entre 8 000 et 10 000 festivaliers. Les éditions de 2013 et 2014 donnent à cette histoire des images précises, entre programmation éclectique, concerts et pluie de printemps. Puis, le 3 novembre 2014, l’association annonce qu’il n’y aura pas d’édition l’année suivante.

Une initiative étudiante, de Saint-Sernin-du-Bois au Creusot

Au départ, il y a une intention locale : animer la région creusotine. Cinq étudiants de l’IUT du Creusot créent le festival en 2002, à Saint-Sernin-du-Bois. Le succès arrive tout de suite. Deux ans après sa création, les Giboulées déménagent au Creusot.

Ce déplacement marque une étape importante dans le parcours du festival. Le projet conserve son ancrage creusotin tout en changeant de lieu, et son histoire se construit d’édition en édition. Cette naissance étudiante et cette évolution locale donnent aux Giboulées une place singulière parmi les récits de l’histoire des festivals de musique en France.

Le nom du festival évoque une saison qui revient, et son calendrier devient un repère : les Giboulées se tiennent chaque printemps. Le rendez-vous s’installe ainsi dans le temps, sans perdre de vue le projet formulé à l’origine, celui d’animer la région par la musique.

Le printemps comme rendez-vous

Les Giboulées durent plusieurs jours et accueillent entre 8 000 et 10 000 festivaliers. Ces chiffres donnent une idée de l’ampleur du rassemblement. Ils prennent place dans une histoire qui commence avec cinq étudiants et un objectif local, puis se poursuit au Creusot au fil des printemps.

La programmation mêle reggae, rap, rock et électro. Cette diversité est l’un des traits marquants du festival : plusieurs genres se rencontrent dans un même rendez-vous, plutôt que de définir les Giboulées par une seule couleur musicale. Les éditions de 2013 et de 2014 en témoignent chacune à leur manière.

Repère Étape ou édition
2002 Création à Saint-Sernin-du-Bois par cinq étudiants de l’IUT du Creusot
Deux ans plus tard Déménagement au Creusot après un succès immédiat
Du 3 au 6 avril 2013 12e édition, une trentaine de concerts sur quatre jours
Du 1er au 3 mai 2014 13e édition, avec des accents rock, pop et électro
3 novembre 2014 Annonce de l’absence d’édition 2015

2013, quatre jours de concerts

La 12e édition se tient du 3 au 6 avril 2013. Pendant quatre jours, elle propose une trentaine de concerts. Horace Andy, présenté comme une légende du reggae jamaïcain, est à l’affiche de la grande scène. Le programme comprend aussi une soirée « Off » et une soirée étudiante.

Ces éléments dessinent une édition qui ne se limite pas à une succession de concerts. La grande scène, la soirée « Off » et la soirée étudiante composent plusieurs temps au sein du même festival. La diversité musicale des Giboulées se lit ainsi dans les genres programmés, mais aussi dans les différentes formes que prend le rendez-vous.

Cette édition résume une ambition déjà visible dans le parcours du festival : faire coexister plusieurs propositions au cours de quelques jours. Le reggae y a une figure marquante avec Horace Andy, tandis que les soirées « Off » et étudiante donnent à la programmation d’autres points d’entrée.

2014, une édition rock sous la pluie

La 13e édition a lieu du 1er au 3 mai 2014. Ses accents sont très rock, enrichis de pop et d’électro. Les 2manydjs, Gaëtan Roussel et BB Brunes figurent en tête d’affiche. La programmation conserve donc le mélange des genres, avec une tonalité rock particulièrement présente cette année-là.

La soirée d’ouverture se déroule en plein air, au centre-ville, et la pluie s’invite. Les autres concerts ont lieu à la Halle des sports. Un camping gratuit est également proposé aux festivaliers. Ces repères donnent à l’édition une géographie et un déroulement concrets : une ouverture en extérieur, puis des concerts dans la Halle des sports, avec une solution de camping pour le public.

La pluie est liée au souvenir de cette soirée d’ouverture, sans résumer l’ensemble de l’édition. Elle accompagne un événement qui se déroule au début du mois de mai et dont le programme mêle rock, pop et électro. Pour qui se souvient des Giboulées, ces détails donnent au récit une scène précise : le centre-ville, les parapluies, puis les concerts à la Halle des sports.

L’annonce du 3 novembre 2014

Le 3 novembre 2014, l’association Les Giboulées annonce qu’il n’y aura pas d’édition 2015. Elle explique que la fréquentation n’est plus à la hauteur de ses attentes. Elle évoque aussi la multiplication des festivals et l’augmentation des charges, alors que le rendez-vous tient à proposer des tarifs raisonnables.

L’association mentionne enfin le départ de membres clés, qui n’ont pas pu être remplacés. Les raisons avancées touchent donc à la fois à l’équilibre économique et aux personnes nécessaires pour faire vivre le projet. La décision ne tient pas à un seul facteur isolé : plusieurs difficultés se trouvent réunies dans cette annonce.

La formulation compte. L’association ne présente pas une baisse chiffrée de fréquentation, mais une fréquentation qui ne répond plus aux attentes. Elle associe ce constat à des charges en hausse, à un environnement où les festivals se sont multipliés et à la volonté de maintenir des tarifs raisonnables. C’est cet ensemble, auquel s’ajoute le départ de membres clés, qui éclaire l’absence d’édition annoncée.

Ce que la trajectoire révèle de la fragilité associative

L’histoire des Giboulées rappelle qu’un festival peut accueillir plusieurs milliers de personnes et rester vulnérable. Une fréquentation importante ne suffit pas, à elle seule, à régler les questions de charges, de tarifs ou de continuité des équipes. Ici, l’association a explicitement relié ces éléments à sa décision de ne pas organiser d’édition en 2015.

Cette trajectoire invite à regarder l’équilibre d’un festival dans son ensemble. Les recettes, les dépenses et les choix de tarifs sont liés, comme le montre la question de l’économie d’un festival. Les départs de membres clés rappellent aussi que la durée d’un projet dépend de personnes capables de le porter et de se relayer. Cette question rejoint, sans confondre les rôles, les enjeux du recrutement et de la fidélisation des bénévoles.

Ces enseignements ne diminuent pas ce qui a été construit. Ils permettent plutôt de tenir ensemble deux réalités : le festival a trouvé son public et proposé une programmation variée, tandis que l’association a dû faire face aux difficultés qu’elle a exposées en 2014. C’est aussi ce contraste qui rend son parcours mémorable.

Un nom repris en hommage

Le magazine Les Giboulées n’a aucun lien avec l’ancienne association ni avec le festival du Creusot. Il reprend ce nom par goût des giboulées et des festivals, et rend hommage à cette aventure. La précision est nécessaire, mais elle n’empêche pas de saluer la mémoire d’un rendez-vous qui a compté dans la région creusotine.

Des cinq étudiants réunis à Saint-Sernin-du-Bois à la 13e édition organisée au Creusot, le parcours des Giboulées tient dans des repères nets : un projet créé pour animer la région, des printemps de musique mêlant reggae, rap, rock et électro, puis l’annonce de l’absence d’édition 2015. Les concerts d’Horace Andy, des 2manydjs, de Gaëtan Roussel et de BB Brunes donnent à ces années des noms et des scènes.

Se souvenir de ce festival, c’est garder ensemble son élan collectif et ses fragilités. Son histoire rappelle que la musique rassemble, mais que la continuité d’un rendez-vous dépend aussi de conditions économiques et humaines que l’enthousiasme ne suffit pas toujours à préserver.

Questions fréquentes

Où le festival des Giboulées a-t-il été créé ?

Le festival a été créé en 2002 à Saint-Sernin-du-Bois par cinq étudiants de l’IUT du Creusot. Leur objectif était d’animer la région creusotine. Le succès est venu immédiatement, et le rendez-vous a déménagé au Creusot deux ans plus tard, où il s’est tenu chaque printemps pendant plusieurs jours.

Quels styles de musique étaient programmés aux Giboulées ?

Les Giboulées mêlaient reggae, rap, rock et électro. La 12e édition, en 2013, proposait notamment une trentaine de concerts et accueillait Horace Andy sur la grande scène. En 2014, la programmation avait des accents très rock, enrichis de pop et d’électro.

Pourquoi l’édition 2015 n’a-t-elle pas eu lieu ?

L’association a expliqué que la fréquentation n’était plus à la hauteur de ses attentes, dans un contexte où les festivals s’étaient multipliés et les charges avaient augmenté. Elle souhaitait conserver des tarifs raisonnables. Elle a aussi mentionné le départ de membres clés qui n’avaient pas pu être remplacés.

Le magazine Les Giboulées est-il lié à l’ancien festival ?

Non. Le magazine Les Giboulées n’a aucun lien avec l’ancienne association ni avec le festival du Creusot. Il reprend ce nom par goût des giboulées et des festivals, et rend hommage à cette aventure. Il ne s’agit donc pas d’une continuité de l’association ou du festival.

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